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Des travaux de renaturation en cours sur l'Arcambe

Ces travaux ont débuté au mois d'août et devraient se terminer en fin d’année 2018.


Présentation du contexte

Le ruisseau de l’Arcambe, affluent de la Rance, a fait l’objet d’une étude technique entre 2013 et 2014 portée par le SmbRC pour le compte de la communauté de communes de la Châtaigneraie Cantalienne en partenariat avec les communes de Maurs et St-Etienne-de-Maurs, la fédération départementale des pêche du Cantal, le SIVU d’assainissement, le Conseil départemental du Cantal, l’Agence de l’Eau Adour Garonne et l’Etat. Cette étude a mis en évidence un ruisseau dégradé d’un point de vue hydromorphologique et écologique, et pouvant faire craindre des inondations torrentielles sur les communes de Maurs et Saint-Etienne-de-Maurs.

Les conclusion de l'étude

Le seuil de la Peyrade, de plus de deux mètres de hauteur, ainsi que le pont de la Peyrade, par sa conception, empêchaient les espèces piscicoles et les sédiments de circuler. La continuité écologique était ainsi rompue avec une accumulation des sédiments en certains endroits (engravement du lit), notamment en amont du seuil, et une érosion du lit en aval (incision, enfoncement du lit).

L’enfoncement du lit en aval du seuil de la Peyrade mettait même en danger les berges du ruisseau qui s’érodaient au fil des années. Plus le ruisseau s’enfonçait, plus les berges étaient « rongées », ce qui avait conduit les propriétaires riverains à tenter de protéger tant bien que mal leurs terres avec des matériaux variés : poteaux téléphoniques, blocs de bétons… ce qui n’a fait qu’accroître les désordres.

Le ruisseau était déconnecté de son lit majeur, les débits s’accéléraient, ne pouvant plus sortir dans la plaine inondable, aggravant les inondations en aval.

Pour rétablir un état plus naturel et prévenir les inondations du ruisseau de l’Arcambe, un programme de renaturation a été adopté visant 4 objectifs :

  1. Améliorer le fonctionnement hydraulique du cours d’eau ;
  2. Restaurer les champs d’expansion des crues ;
  3. Rétablir l’équilibre sédimentaire ;
  4. Rétablir la continuité écologique.

Les travaux réalisés

Les actions phares sont :

  • la mise en dérivation des eaux, permettant de travailler dans le lit du ruisseau sans perturber le milieu ;
  • la lutte contre la Renouée du Japon, espèce envahissante qui colonise les berges au détriment d’espèces adaptées à la stabilisation des berges ;
  • la démolition du seuil de la Peyrade ;
  • la démolition des ponts de la rue des Bains et de la route de la Peyrade (déstabilisés par l’arasement du seuil) ;
  • la reconstruction des 2 ponts ;
  • la recharge du lit en matériaux alluvionnaires, afin de « combler » l’érosion du lit et améliorer le fonctionnement du cours d’eau ;
  • la stabilisation et renaturation des berges avec des plantations et bouturages d’espèces adaptées ;
  • la création d’habitats piscicoles ;
  • la remise en état du site.

L’arasement du seuil de la Peyrade et la recharge du lit vont permettre au ruisseau de retrouver un profil d’équilibre plus naturel : les hauteurs de berges, réduites, favoriseront  les débordements  entre la Peyrade et la RN 122, secteur non urbanisé correspondant au champ naturel d’expansion des crues du cours d’eau.  Ainsi, les risques de débordement en aval immédiat, là ou est implantée la cité Armand,  seront notablement diminués.

Les berges du ruisseau seront aussi protégées du piétinement des animaux d’élevage avec la mise en place de clôtures et de 2 abreuvoirs solaires sur les parcelles riveraines.

En parallèle de ces travaux, une portion du réseau d’assainissement qui traverse les parcelles en amont de la RN 122 sera reprise pour le compte du SIVU d’assainissement de Maurs / St Etienne de Maurs. En l’état actuel, une conduite d’eaux usées traverse le ruisseau et représente un risque de pollution. Initialement enterrée sous le lit du ruisseau, cette conduite se retrouve aujourd’hui « perchée » sur le ruisseau, signe de l’enfoncement du lit. Vu qu’elle pourrait rompre à tout moment face à la force du courant, Cette conduite sera démontée et remplacée par une nouvelle, sous le pont de la route nationale.

L’ensemble de ces travaux est aujourd’hui bien avancé. Les travaux dans le lit du ruisseau se terminent fin octobre pour permettre à l’Arcambe de retrouver son lit. La renaturation des berges et la remise en état des terrains devraient être poursuivis jusqu’à la fin de l’année 2018.

Financement du projet

Le montant total de cette opération s'élève à 561 660,96 €.

Ce programme de restauration du ruisseau de l’Arcambe a été retenu dans le cadre de deux appels à projets de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne :

  • « Valorisons et restaurons les zones inondables » ;
  • « Continuité écologique ».

A ce titre, les travaux bénéficient d’un financement exceptionnel de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne :

  • 100% pour les travaux d’effacement du seuil et ses mesures d’accompagnement
  • 80% pour les travaux de restauration du champ d’expansion des crues.

L’autofinancement des travaux est assuré par la communcauté de commune de la Châtaigneraie Cantalienne et le SIVU d’assainissement de Maurs et St Etienne de Maurs.




Général  Mélanie Fayet    5 novembre 2018